Décroissance - Le faux débat… nécessaire

La transition écologique installe un nouveau clivage au sein de la gauche entre les partisans de la décroissance et ceux d’une croissance verte, auxquels s’ajoutent maintenant les « accroissants ». Faisons le point sur la notion de croissance afin de ne pas rajouter aux divisions inutiles pour mieux répondre aux enjeux écologiques et sociaux.


L’enjeu est considérable, il s’agit de porter au pouvoir le modèle de développement qui permettra de ne pas prélever plus que la nature ne peut restituer. Autrement dit, de viabiliser la pérennité de l’espèce humaine sur terre. Dès lors, il est compréhensible que notre empreinte écologique et ses conséquences, nous amènent à questionner le choix de la décroissance.

croissance aveugle

La décroissance est le double inversé de la croissance. Cette dernière fait référence à la croissance du PIB, autrement dit, à un indicateur de progrès qui comptabilise la valeur ajoutée par le travail, chaque année sur le territoire national. Par exemple, si je sollicite les services d’une entreprise pour creuser un trou dans mon jardin, puis lui demande de le reboucher, je participe de la croissance. Si j’ai un accident de voiture, j’ajoute aussi à la croissance puisque cela va engager des frais de réparation ou un changement de véhicule. De la même manière, embaucher dans les écoles, les hôpitaux, les tribunaux… participe de la croissance. Ainsi, nous constatons que le PIB est aveugle au contenu de la croissance. Ce qui fait dire à Colin Clark1 qu’« une très large part de ce que nous prenons pour de la croissance économique n’est peut-être qu’une illusion, fondée sur notre incapacité à prendre en compte la réduction du capital naturel ».


Subtilité comptable

Depuis 1976, les comptables nationaux ajoutent au PIB marchand la valeur économique qu’ils estiment avoir été créée par les activités non-marchandes de la Fonction publique, en utilisant la méthode dite « du coût des facteurs », c’est-à-dire en estimant que cette valeur est égale à la somme des salaires et des consommations de capital fixe du secteur non marchand. En effet, au travers de l’impôt et de la cotisation, nous organisons une production de valeur non capitaliste, en dehors des lois du marché. Mais, encore une fois, le PIB ne nous dit rien de la qualité de ces prestations, ni même si elles s’avèrent moins onéreuses pour la population, moins polluantes, etc. On ne peut qu’établir des comparaisons avec des pays dont les prestations similaires sont confiées au secteur privé. Par exemple, les dépenses de santé par habitant sont deux fois plus élevées aux États-Unis qu’en France.


Pour lire la suite de l'article de Frédéric Lutaud






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