ÉTUDIER, UN TRAVAIL COMME LES AUTRES

La condition d’étudiant à ceci de spécifique : elle fait de nous des adultes se consacrant à des activités essentielles mais nous ne sommes pas en activité au sens professionnel du terme. En effet, l’étudiant travaille à la construction de sa force de travail mais il n’est pas encore sur le marché du travail.


Pour autant, l’acquisition de nouvelles connaissances nécessite de les revisiter, de les questionner pour éventuellement, un jour, les remettre en cause ou les prolonger. Assimiler un savoir ou un savoir-faire, c’est aussi en produire. Ce travail dépasse largement le cadre des études stricto sensu, car le développement des capacités intellectuelles et sociales de chacun nécessite toujours une ouverture sur le monde faite de rencontres, d’expériences et de partages. Bref, cela prend du temps, demande de la disponibilité, de l’implication, de l’assiduité.


LA CONDITION ÉTUDIANTE


Seulement l’étudiant ne dispose pas d’un salaire puisqu’il n’est pas encore employé. Il y a donc deux catégories d’étudiants : ceux qui disposent de leur temps pour étudier quand leur famille peut pourvoir à leurs besoins et ceux qui doivent faire des boulots alimentaires pour payer leurs études. Sachant que 68% de l’emploi étudiant n’est pas lié aux études poursuivies. La reproduction des inégalités sociales se perpétue clairement au sein de la condition étudiante, même si les bourses d’étude tentent de corriger cette injustice. Nous sommes très loin d’une véritable autonomie financière. D’ailleurs, les boulots alimentaires sont une des principales sources d’échecs ou de renoncement dans les études supérieures. Sans compter les étudiants qui s’endettent pour payer l’accès à des établissements privés parfois forts coûteux. Aux États-Unis, la dette étudiante est estimée à plus de 1 000 milliards de dollars et représente une véritable bombe sociale à retardement.


Pour lire la suite de l'article de Frédéric Lutaud initialement paru sur la revue Démocratie et Socialisme


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