Les Gilets Jaunes, un an après

November 23, 2019

Le 17 novembre 2018, l’irruption des gilets jaunes dans la vie publique de la France constitua un événement de première importance voué à marquer son époque.

 

Un moment politique

 

Le mouvement des gilets jaunes fit connaître à notre pays durant quelques mois un authentique moment politique, comme il n’en avait pas connu depuis un demi-siècle. Il faut en effet remonter aux événements de mai-68 pour observer dans notre histoire récente une effervescence politique comparable par son ampleur et sa portée, tout en gardant à l’esprit que les ressorts de la mobilisation populaire de l’année dernière n’ont rien avoir avec ceux des soixante-huitards, quand ils ne s’y opposent pas frontalement. Le fonds culturel de mai-68 — par-delà la dimension socio-économique de la révolte qui était seconde — était individualiste et hédoniste. Le mouvement des gilets-jaunes était, à l’inverse, puissamment collectif et tourné vers toute autre chose que l’espoir de permettre à chacun de s’épanouir dans la sphère privée contre le conservatisme d’une certaine morale bourgeoise.

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Une souveraineté réappropriée

 

C’est la signification la plus profonde du mouvement des Gilets-Jaunes : à travers lui, le peuple s’est réapproprié sa souveraineté ;

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Un tournant ?

 

Salir, abaisser, avilir : tel a été le souci constant des défenseurs acharnées de l’idéologie dominante au sein des mondes politique et médiatique. Ministres, députés, maires, journalistes, intellectuels organiques…

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Mais cette tentative de diabolisation, destinée à enfoncer un coin entre le mouvement populaire et le reste du pays, a échoué. Il a donc fallu s’en remettre à l’appareil d’État — en l’espèce, à ses organes judiciaires et policiers — pour contenir la colère des Gilets jaunes, au prix d’un autoritarisme violent, qui a abîmé la République autant que les visages des manifestants.

 

Les dirigeants affectent aujourd’hui de croire que c’est cette violence, perçue comme une fermeté nécessaire, qui, ajoutée aux quelques milliards mobilisés par le président pour répondre à « l’urgence sociale absolue » [3] a permis de sortir de la crise. Mais ils ne savent pertinemment, en leur for intérieur, que le feu couve, aucune des causes de la révolte n’ayant été traitées en profondeur. Pour ce faire, il faudrait mettre en œuvre une politique économique radicalement différente de celle qu’imposent à la France les traités européistes voulus et défendus bec et ongle par tous les partis de gouvernement depuis 1992. C’est sur ce point capital que le mouvement des Gilets jaunes a atteint sa limite. Trente années de matraquage idéologico-médiatique en faveur de l’européisme ont produit leur effet ; si une majorité de Français est critique à l’égard de l’UE, peu ont conscience que c’est en son cœur que les zélotes de « l’Europe » ont placé des pans entiers de notre souveraineté, pour en déposséder le peuple plus sûrement que s’ils l’avaient simplement captée à leur profit au sommet de l’État. Il est donc impossible de se réapproprier collectivement la souveraineté populaire et nationale sans poser la question d’une l’UE spoliatrice dans son principe même sur ce sujet essentiel entre tous. Les Gilets-jaunes ont exercé une pression forte sur l’État, comme si ceux qui l’incarnent ne s’étaient pas volontairement liés pieds et poings à Bruxelles.

 

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