La réforme de l’assurance chômage va « hacher menu » les précaires

November 10, 2019

La réforme des règles de l’assurance-chômage est entrée en vigueur le 1er novembre. « Reporterre » a rencontré un berger, une journaliste pigiste et une professeure remplaçante. Précarisés, ils racontent comment la réforme va alourdir leur quotidien.

 

Entrée en vigueur vendredi 1er novembre, la réforme des règles de l’assurance chômage permettra à l’État d’économiser jusqu’à six milliards d’euros à la fin 2022. Elle touchera, selon l’Unédic, environ 710.000 personnes dès la première année de sa pleine mise en œuvre, à partir d’avril prochain. Leurs indemnisations vont baisser et accéder à leurs droits sera plus compliqué. C’est d’autant plus problématique que, toujours selon l’Unédic, la réforme concerne des individus fragiles : ils sont plus jeunes que la moyenne des allocataires — « ceux qui voient l’ouverture de leur droit retardée sont plus nombreux à avoir moins de 25 ans » — et ont des droits plus courts, avec des salaires plus bas.

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La réforme illustre l’idéologie néolibérale qui « continue à favoriser et rémunérer la fabrication d’armes, de déchets radioactifs ou le rasage d’une forêt, parce que ce sont des activités qui font augmenter le PIB et sont considérées comme étant dignes et donc sont valorisées par le gouvernement ». À l’inverse, on refuse « de rémunérer ou du moins d’accorder une dignité aux activités comme l’aide aux sans-abris, aux exilés, planter un potager ou s’investir dans la culture », alors qu’elles sont aussi « créatrices d’une valeur ». « Au lieu de complètement aliéner le travail sur l’emploi », le gouvernement devrait considérer que « d’autres formes de travail existent ».

 

« Les bergers ont une activité intermittente sur l’année »
 

Certaines professions importantes à l’économie sont saisonnières et peuvent dépendre des allocations chômage pour subsister le reste de l’année. Michel Didier, berger et médecin vétérinaire, est le fondateur du premier syndicat des gardiens de troupeaux de l’Isère. « Les bergers sont employés par des groupes pastoraux et ont une activité intermittente sur l’année, ce qui fait qu’ils devraient être en CDI. C’est ce que j’ai fait valoir en cours d’appel à Grenoble en 2013 », dit-il. Le type de contrats demeurant inchangé pour la profession, « la plupart des bergers comptent sur le chômage à la fin de leurs contrats, sans nécessairement chercher un travail à droite à gauche », et ce « malgré cette précarité ».

 

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