LEUR ÉCOLOGIE ET LA NÔTRE

C’est bien l’un des faux débats du moment, du sommet de l’État jusqu’au sein de tant d’ONG charitables, on devise et feint de s’interroger sur la manière la plus rentable et démocratique de transitionner écologiquement. Un léger penchant socialiste mis à part, la lucidité, la netteté, et la parfaite logique de ce texte d’André Gorz viennent clore la discussion quant à la possibilité d’un réformisme vert. En le lisant, on réalise que pour tout esprit honnête, l’apocalypse que nous vivons était prévisible il y a quarante-cinq ans, et donc évitable ; que donc certains, suivant aveuglément leurs intérêts, l’ont voulue. De là, nous ne pouvons que nous rendre à l’évidence : tous ceux qui font comme si ce débat méritait encore d’avoir lieu ne sont là que pour permettre à l’industrie et au capitalisme de gagner du temps.

 

Leur écologie et la nôtre

 

André Gorz

 

Evoquer l’écologie, c’est comme parler du suffrage universel et du repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change.

 

La prise en compte des exigences écologiques conserve beaucoup d’adversaires dans le patronat. Mais elle a déjà assez de partisans capitalistes pour que son acceptation par les puissances d’argent devienne une probabilité sérieuse. Alors mieux vaut, dès à présent, ne pas jouer à cache-cache : la lutte écologique n’est pas une fin en soi, c’est une étape. Elle peut créer des difficultés au capitalisme et l’obliger à changer ; mais quand, après avoir longtemps résisté par la force et la ruse, il cédera finalement parce que l’impasse écologique sera devenue inéluctable, il intégrera cette contrainte comme il a intégré toutes les autres.

 

C’est pourquoi il faut d’emblée poser la question franchement : que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et, par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature ? Réforme ou révolution ?

 

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