Pour une mobilisation communiste des retraité·e·s

Nous publions la conclusion du livre de Bernard Friot, dont une 2e édition augmentée est parue en mars de cette année : Le travail, enjeu des retraites, La Dispute, « Travail et salariat », Paris, 2019.

 

Présentation de l’éditeur

 

Contrairement à une idée reçue, les trois quarts des retraites sont calculées en fonction du salaire et non pas des cotisations versées : elles sont le salaire qui se poursuit, et non un revenu différé dans le temps. Près de dix ans après le succès de L’Enjeu des retraites, les événements confirment la pertinence de ses analyses : faute de promouvoir la généralisation du droit au salaire des retraités, les opposants sont impuissants pour contrer des réformes qui nient ce droit et veulent le remplacer par le différé des cotisations.

 

Cette nouvelle version s’enrichit d’une longue introduction et d’une conclusion inédites qui, contre un dispositif de comptes à points, proposent d’unifier tous les régimes en assurant 100 % du meilleur salaire net, porté à 2300 euros minimum, quelle que soit la durée de la carrière. Le Travail, enjeu des retraites analyse le cœur du conflit des retraites : qu’est-ce que travailler ? Qui travaille ? Comment faire du salaire un droit politique de la personne, afin d’en finir avec le temps « après le travail » de la retraite, aussi contestable que le temps « avant le travail » de l’insertion des jeunes ou le temps « sans travail » du chômage ?

 

Extraits:

 

Vaincre Macron suppose de mener la bataille sur les retraites comme un élément de la bataille sur le droit au salaire, ce qui implique de mobiliser non pas la solidarité capitaliste, mais la solidarité communiste.

...

Le drame est que les opposants à la réforme adhèrent massivement à cette pratique capitaliste de la solidarité et à l’hétéronomie du travail, d’où leur vulnérabilité fondamentale à la thèse de la solidarité intergénérationnelle. La solidarité communiste, au contraire, récuse la violence sociale de la désignation de personnes comme « n’ayant pas », elle récuse l’existence d’adultes non productifs, qu’ils soient déclarés « jeunes » avant le travail, « chômeurs » pendant le travail ou « retraités » après le travail. Elle refuse que le travail, au cœur de notre existence comme espèce et comme personnes, soit quelque chose qu’on puisse « avoir » ou « ne pas avoir », qu’il faille « en chercher », qu’il faille « le tenir » à n’importe quel prix car on risque de « le perdre », qu’il faille se réjouir d’en être « libéré » ! La solidarité communiste ne désarme pas devant l’extériorité du travail dans le capitalisme, ce château fort chasse gardée d’une bourgeoisie qui entend garder le monopole de la définition, de la production et de la distribution de la valeur. La solidarité communiste est une solidarité d’égaux, tous reconnus comme producteurs par une qualification (et le salaire qui va avec) de 18 ans à la mort. Et il en faut de la solidarité entre égaux pour mener la lutte difficile pour que le travail soit sorti de son extériorité capitaliste ! Le salaire doit devenir un droit politique ; la définition, la production et la distribution de la valeur, dirigées par les travailleurs eux-mêmes, doivent être fondées sur une pratique du travail vivant cohérente avec une vie harmonieuse de notre espèce sur la planète.

 

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