Qui se sent riche en France ?

Dans son introduction au rapport 2019 de l’Observatoire des Inégalités, Louis Maurin reproche aux bourgeoisies économiques et culturelles de cacher leurs privilèges en incriminant qui les super-riches, qui les assistés. Le rapport est d’une grande richesse mais ce point de vue pose question.

 

Le rapport 2019 de l’Observatoire des inégalités, organisme indépendant créé il y a une quinzaine d’années, conserve les qualités d’objectivité et d’accessibilité qui lui ont permis d’imposer le thème dans le débat public. Conformément à la coutume, Louis Maurin, qui dirige cet Observatoire, ouvre le rapport par une prise de position et c’est essentiellement sur celle-ci que le présent texte se concentre, car c’est elle qui a retenu l’attention médiatique et donné le « la » de cette livraison. Louis Maurin critique le discours et la représentation de la société qui exonèrent les « classes moyennes supérieures » de leur responsabilité pour stigmatiser tantôt les « super-riches », tantôt les « assistés » et les immigrés. Une contribution bienvenue au débat public, malgré sa tonalité moralisatrice. Les catégories dominantes, selon L. Maurin, se travestiraient en « classes moyennes supérieures » pour atténuer leur position. Or le fonctionnement de l’école, ainsi que la répartition du patrimoine et des revenus révèlent l’importance, au-delà du « 1 % » des super-riches, de catégories qui bénéficient d’un ensemble d’évolutions sociales en cours – comme l’augmentation du prix de l’immobilier, qui favorise les propriétaires – mais aussi de politiques publiques, comme les déductions fiscales (Carbonnier et Morel, 2018). Au-delà de la simple dénonciation, il convient d’entamer une démarche analytique et compréhensive de l’espace mental de ces classes.
 

 

 

 

 

 

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