L’Union européenne et la double catastrophe qui s’annonce

Extraits: 

 

La catastrophe économique et sociale

 

Il faut regarder les choses en face, et prendre de la hauteur. L’UE va vers une catastrophe financière, et par suite économique. Le fait majeur, même s’il n’est pas propre à l’UE, est l’accumulation des dettes privées, bien plus grave que celle des dettes publiques.

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La catastrophe environnementale

 

Certes cette catastrophe en cours est mondiale. Mais l’UE avait eu la prétention, lors de la COP 21, de montrer le chemin. S’agissant du dérèglement climatique, elle ne pouvait bien sûr à elle seule l’enrayer, mais, vu son poids économique, elle pouvait largement contribuer à le modérer. Et il en allait de même pour la limitation de l’extinction des espèces. Enfin elle pouvait réduire le niveau de pollution et de déchets au sein de son espace géographique, et leur diffusion à l’extérieur. Or, à l’heure qu’il est, elle est loin d’avoir atteint ses objectifs. La production de CO2 n’a que faiblement diminué.

 

Ici encore c’est le monde de la finance qui a fait barrage, de concert avec les grandes multinationales vouées aux énergies fossiles (et encore subventionnées !) et aux produits chimiques les plus dangereux

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le seul point d’appui solide qui permette de faire face à la double catastrophe est celui de la souveraineté nationale. Car la bureaucratie et la technocratie européenne sont sous l’emprise des lobbies et, derrière eux, des 0,1% les plus riches, qui ont le pouvoir, directement ou indirectement, sur les grandes entreprises et sur les médias. Ces derniers sont prêts à tout pour sauvegarder leurs revenus et leur mode de vie, et même n’hésiteront pas à pratiquer la « stratégie du chaos » pour privatiser le monde à leur avantage (l’exemple grec en fait foi). Quant au désastre écologique, ce n’est pas qu’ils n’en soient pas avertis, mais ils croient qu’ils trouveront toujours les moyens de s’en protéger.

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Alors que faire ?

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Dès lors il ne s’agit de rien moins que de changer substantiellement le mode de production, d’échange et de consommation, et cela suppose un retour de l’Etat pas seulement stratège, comme l’on dit, mais propriétaire effectif des moyens de production de base (en gros, ceux qui correspondent aux services publics, dont fait partie le système bancaire) et planificateur.

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Mais, dans une économie ouverte comme l’est l’économie française, dans le cadre du marché unique, demeure le problème des importations, qui n’obéiraient pas aux mêmes normes écologiques, et qui viendraient concurrencer les produits du pays. La question européenne reste donc, en ce domaine aussi, inévitablement posée. Instaurer d’office un protectionnisme sélectif conduirait à des représailles. On peut certes mieux jouer sur le symbolique, comme on le fait avec le « made in France » ou avec les « appellations protégées », mais cela ne suffira pas. Aussi, tant que les institutions politiques de l’UE restent inchangées, il faudrait s’appuyer sur le poids économique de la France : soit négocier une élévation progressive des normes européennes, soit, en cas d’échec, exiger, comme en d’autres domaines, des clauses précises d’opt out (par exemple sur les pesticides, les néo-nicotinoïdes, l’achat d’énergies carbonées). Même chose au niveau des traités de libre-échange avec les pays extérieurs à l’Union, manifestement contraires à la conversion écologique.

 

On voit que la sortie de l’euro, même dans le meilleur des cas, laisse non résolues des questions essentielles concernant le marché unique (des marchandises) et la politique commerciale des pays, aujourd’hui compétence exclusive de l’Union.

 

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