AG DES Gj DE L’OISE : Intervention de la sociologue Odile Henry à propos de la destruction méticuleuse des services publics

April 25, 2019

Extraits:

 

Ce qui fait la singularité des services publics (transport, Poste, écoles, hôpitaux, etc.), c’est leur intérêt général et leur utilité sociale. La problématique des services publics est englobée dans celle de l’Etat social, de la protection sociale.

 

Pour qualifier les services publics, le sociologue Robert Castel utilise le terme de propriété sociale, c’est-à-dire une propriété qui n’est pas la propriété privée mais qui fait fonction de propriété privée pour les non propriétaires et leur garantit la sécurité. « La propriété sociale, écrit-il, est une sorte de moyen terme qui inclut la protection sociale, le logement social, les services publics, un ensemble de biens collectifs fournis par la société et mis à disposition des non propriétaires pour leur assurer un minimum de ressources, leur permettre d’échapper à la misère, à la dépendance et à la déchéance sociale » [1].

 

Or, depuis le début des années 1990 et la mise en œuvre du programme néolibéral, les services publics font l’objet d’un travail continu de destruction.

 

D’abord, l’exigence d’une rentabilité impossible à atteindre en raison de la nature même du service public. Puis le délaissement de l’entretien des infrastructures et la dégradation des services publics. Ensuite, l’ouverture à la concurrence ou la privatisation, sachant que les entreprises privées se voient concéder la partie la plus rentable des services publics et laissent à la charge de l’Etat les services publics utiles mais déficitaires. Enfin la détérioration des services publics qui va détourner les usagers. S’opèrent alors une segmentation des usagers en fonction des gammes de services, le haut de gamme, d’un côté et le low cost de l’autre, c’est-à-dire une rupture de l’égalité des citoyens face aux services publics.

...

Au-delà des services publics, ceci pose la question plus générale du bien public et du bien commun de l’humanité. Face à l’urgence écologique et climatique, les actions d’occupation et de blocage se multiplient aujourd’hui. La vie ou la nature peuvent-elles être appropriées ? Tout ce qui est indispensable à notre conservation ne peut être approprié, transformé en marchandise. Le marché ne nous permettra jamais de surmonter les défis auxquels nous sommes soumis. Nous touchons là la limite du mode de production capitaliste.

 

Avec le néolibéralisme, l’idée que l’Etat pourrait être le recours de la société contre les effets désastreux du capitalisme est mise à mal. Le néolibéralisme a brisé l’alternative entre l’Etat et le marché : l’Etat néolibéral offre un cadre institutionnel à une économie essentiellement concurrentielle, il n’a pas pour but de limiter le marché mais au contraire de le faire mieux fonctionner. L’Etat néolibéral œuvre inlassablement à inculquer en chacun de nous le principe universel de la concurrence, qui n’est pas naturel il faut s’en souvenir.

 

Puisque l’Etat néolibéral entend remodeler les services publics sur le modèle du secteur privé, il ne s’agit pas seulement de défendre les services publics, mais de promouvoir des formes de contrôle démocratique sur ces ressources communes. Cela implique de faire du service public un service commun, de se réapproprier les services publics, de les transformer par la création d’organes démocratiques qui donnent aux professionnels et aux destinataires de ces services un droit d’intervention, de délibération et de décision.

 

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