COMMENT AIDE SOCIALE RIME AVEC POLITIQUE DE CONTRÔLE

February 3, 2019

Commentaire d'ASAV : Depuis les années 1970/80, le droit à un salaire décent évoluant vers des formes plus ou moins abouties de Salaire à vie pour tous a été battu en brèche par la classe possédante renforcée par la globalisation. Aujourd'hui, comme l'explique Jacques Freyssinet, l'état préfère donner dans la "charité" bien ordonnée... Or c'est précisément contre cela que les Gilets jaunes se sont levés. Ils ne veulent pas de charité, ils veulent vivre dignement de leur travail.  

 

La création, en 1945, des systèmes de Sécurité sociale signait le recul des dispositifs d’aide sociale ou d’assistance. Depuis la décennie 1980, chômage de masse et précarisation de l’emploi les ont remis à l’ordre du jour. Ainsi que la tentation du contrôle des pauvres, rappelle l’économiste Jacques Freyssinet*.

 

Au mois de juin 2018, l’Élysée diffuse une vidéo où Emmanuel Macron prononce deux phrases devenues célèbres : « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas… Il faut responsabiliser les gens pour qu’ils sortent de la pauvreté. » L’essentiel est dit : les aides sociales déresponsabilisent ceux qui les perçoivent et elles les enferment dans le piège de la pauvreté. Avec des vocabulaires différents, comme l’a bien montré l’historien Bronislaw Geremek (voir : « En savoir plus »), la société a toujours ressenti à l’égard des pauvres, d’une part, une obligation de charité, ou d’assistance ou de solidarité, d’autre part, le sentiment d’une menace pour l’ordre social et d’un risque d’encouragement à la paresse. Dès lors, la garantie d’une aide exige la mise en place d’un contrôle. Pour bien comprendre les termes dans lesquels le problème est à nouveau posé, il est indispensable de préciser le vocabulaire utilisé et de rappeler le contexte historique dans lequel il émerge.

 

ASSURANCE SOCIALE, AIDE SOCIALE, ASSISTANCE : PRÉCISER LE VOCABULAIRE 

 

Nous partirons de définitions simples, même si les chevauchements ou les imbrications sont fréquents. L’assurance sociale garantit une protection contre des risques de perte ou de réduction du revenu des individus ou des familles. Si les contributions passées sont généralement une condition d’accès aux prestations, il n’existe pas de règle assurant l’égalisation à l’échelle individuelle de leurs montants respectifs. Au contraire, l’assurance sociale intègre des mécanismes redistributifs engendrés par la mutualisation. L’aide sociale résulte de la reconnaissance de droits à des prestations qui sont attribuées sans exigence de cotisation. Elle suppose donc un financement public. Elle est accordée sous condition de ressources. L’assistance constitue une aide discrétionnaire qui peut être d’origine privée ou publique (en langage administratif, c’est « l’action sociale »). L’organisme qui la dispense en détermine les formes, les montants et les conditions d’attribution. Comprendre les controverses qui ont été relancées à propos de l’aide sociale exige donc que l’on tienne compte des relations qu’elle entretient avec l’assurance sociale et avec l’assistance.

 

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