Création d'un statut politique du producteur pour la maîtrise de l'IA

December 8, 2017

Mathieu, un camarade de RS Saint Etienne, nous fait part d'une de ses initiatives qu'il  nous demande de soutenir:  

 

Bernard Friot explique depuis quelques temps que le capital a besoin d'un revenu de base pour faire accepter le démantèlement du salariat et favoriser l'indépendance. Le capital ne veut plus être employeur, mais être un simple donneur d'ordre, comme au XIXème siècle, pour exploiter à sa guise des sous traitants en concurrences pris au piège. 

 

Cédric Villani de LREM a lancé une consultation publique sur « Anticiper et maîtriser les impacts de l’IA (intelligence artificielle) sur le travail et l’emploi ». Il n'a pas fallu longtemps pour qu'une proposition de revenu de base arrive:

 

Mathieu a donc créé sa propre proposition ici.

 

la voilà: 

 

Création d'un statut politique du producteur pour la maîtrise de l'IA

 

L'utilisation d'IA peut être bénéfique dans de nombreuses situations. Ce sont des technologies puissantes qui, utilisées à mauvais escient, peuvent impacter de nombreuses vies. De plus, leur empreinte écologique n'est pas négligeable. Par conséquent, il est souhaitable que leur développement se fasse dans le respect démocratique.

 

Afin que l'IA reste parfaitement maîtrisée et que l'humain reste au cœur de notre vie économique, je propose la création d'un statut politique du producteur. Il affirmerait que chaque personne de plus de 18 ans aurait droit à:

 

  • un salaire à vie basée sur sa qualification ;

  • être propriétaire de son entreprise.

 

Ce statut du producteur s'accompagnerait de la création de deux institutions démocratiques:

 

  • la caisse de salaire ;

  • la caisse d'investissement.

 

- La qualification est un outil déjà en place dans la fonction publique et toutes les conventions collectives. Cette qualification ne doit pas être confondue avec le diplôme, l'idée n'étant pas de payer une personne en fonction de sa réussite scolaire. La qualification est le fruit de négociations démocratiques intensives. Aujourd'hui elle définit le salaire des fonctionnaires hors primes et le salaire minimum dans le privé. L'idée serait d'attacher cette qualification aux personnes plutôt qu'aux postes afin que chaque citoyen soit considéré comme producteur de valeur économique, lui donnant droit à un salaire.

 

Un premier niveau de qualification serait automatiquement attribué à 18 ans. La qualification, et donc le salaire, évolueraient ensuite en fonction de la participation à la vie collective. Une personne qui travaillerait dans une entreprise pendant plusieurs années obtiendrait une augmentation de qualification et donc de salaire. Une personne qui quitterait son entreprise suite à son remplacement par une machine ne perdrait pas son salaire, qui stagnerait le temps de retrouver un poste. L'utilisation des robots et en particulier des IA ne poserait pas de problème économique dans ce système, puisque la valeur ajoutée serait distribuée suivant la qualification de chacun. 

 

La garantie du salaire entre deux postes favoriserait l'innovation et la création. Les entrepreneurs seraient enfin libres d'entreprendre. De plus, cela protégerait les personnes en reconversion et favoriserait la formation tout au long de la vie. Cette garantie du salaire serait rendue possible par une cotisation qui mutualiserait 60% de la valeur ajoutée de chaque entreprise dans la caisse de salaire. 60% peut paraître beaucoup, mais les entreprises ne payeraient plus le salaire de leurs employés : leur gestion et leur comptabilité seraient simplifiées. C'est la caisse de salaire qui verserait les salaires et qui les ferait progresser. Les entreprises seraient incitées à embaucher, car une personne supplémentaire ne pèserait pas sur les comptes.

 

- La propriété des entreprises par ses salariés (SCOP) leur permettrait de décider comment ils souhaitent produire leurs marchandises. L'utilisation de l'IA ne serait plus seulement une question de profit, mais de bien-être au travail. Les salariés, copropriétaires, décideraient quelles tâches doivent être déléguées aux IA, en ayant toutes les clés en main pour en gérer les risques et bénéfices. 

 

La caisse d'investissement serait un lieu de décisions démocratiques des investissements, notamment les projets ambitieux de création et d'utilisation d'IA. Une seconde cotisation dite d'investissement pourrait remplacer les financeurs actuels. Une entreprise avec un projet déposerait son dossier à la caisse d'investissement locale qui validerait l'investissement en prenant en compte les enjeux éthiques, sociaux et écologiques des IA. 

 

L'intérêt d'une telle caisse et des cotisations, c'est que l'investissement se ferait par subvention. La caisse serait remboursée lorsque le nouvel investissement générerait à t+1 de la valeur ajoutée supplémentaire et donc de nouvelles cotisations. Là aussi, l'innovation, la création et les entrepreneurs seraient favorisés puisqu'ils n’encourraient aucun risque financier (pas de remboursement de la subvention) et l'utilisation de l'IA resterait parfaitement maîtrisée et démocratique.

 

 

 

 

 

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