« Seul le maître qui, par ce qu'il ignore, oblige l'autre à trouver par lui-même, est un maître émancipateur. »

« Seul le maître qui, par ce qu'il ignore, oblige l'autre à trouver par lui-même, est un maître émancipateur. » Joseph Jacotot 
 

J'apprécie particulièrement Joseph Jacotot et j'ai envie aujourd'hui de questionner le « maître émancipateur ». N'y aurait-il pas là quelque oxymore ? En quoi la formation peut-elle participer à cette émancipation ?

Le Larousse définit émancipateur celui qui libère d'un état de dépendance. Etymologiquement, émanciper vient du latin « emancipare », affranchir un esclave du droit de vente, venant du « e » privatif et « manucapare », prendre la main (l'achat des esclaves se faisait en les prenant par la main). On parle par exemple d'émancipation juridique pour les mineurs alors capables d'accomplir toute acte de la vie civile. Puis, par extension, émanciper signifie s'affranchir d'une autorité, d'une servitude, d'une aliénation, d'une contrainte, d'un préjugé… L'émancipation féminine, par exemple. C'est même devenu un élément moteur de transformation de notre société : se libérer et devenir indépendant.

Le « maître émancipateur » serait alors celui qui, par son action pédagogique, affranchirait l'apprenant d'une domination. Cela signifie-t-il que le formateur devrait abandonner son rôle d'omniscient face à des apprenants ignorants? N'y va-t-il pas dans ce rapport une dépendance de fait, bien ancrée? Le formateur est-il alors prêt à abandonner une partie de son pouvoir?


Charlotte Vasseur, psychosociologue, intervenante d'Expression

 

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