Éradiquer le chômage et la précarité, c’est possible : le Smic socialisé !

Voilà des dizaines d’années que le chômage et la précarité empoisonnent nos sociétés. La seule perspective donnée à la résorption du chômage est encore et toujours la croissance, une croissance aveugle qui détruit notre climat et les écosystèmes. Mais cette croissance se réduit décennie après décennie. La récession provoquée par la crise sanitaire a fait resurgir la pauvreté au premier plan et augure mal de la croissance des prochaines années. Contre le chômage, avons-nous réellement tout essayé ?

Le Smic Socialisé

Le Smic est le salaire minimum en dessous duquel un salarié ne peut pas être payé. Il est actuellement de 1209 euros net et de 1539 euros brut, montant que l’on peut juger insuffisant et qui peut, bien sûr, être réévalué par une décision politique. Si toute personne en capacité de travailler pouvait obtenir un emploi en étant certain de toucher au moins le Smic, nous serions alors définitivement tirés d’affaire et nos sociétés pourraient enfin se ressouder.

Or ceci n’est pas le cas. Le Smic n’est qu’une obligation faite aux employeurs en cas de contrat de travail. Les indépendants et les autoentrepreneurs n’ont absolument aucune garantie d’avoir ce niveau de revenu et nombreux sont celles et ceux qui touchent moins que ce Smic. Par ailleurs, les entreprises n’ont aucune obligation collective d’embaucher toutes les personnes qui le souhaitent et beaucoup restent sans emploi. Comment changer cette situation ?

On va d’abord postuler que toute personne qui travaille doit, au minimum, toucher le Smic et pour garantir ceci, il faut que l’unité productive qui l’emploie – une société, une association ou lui-même (s’il est indépendant) – touche ce Smic de façon à lui reverser au moins ce montant. Mais où trouver l’argent ?

Tout simplement sur la différence entre les encaissements de ventes et les paiements d’achats des entreprises, que nous appellerons Flux de trésorerie d’activité (FTA)1), donnée très proche de la valeur ajoutée2). Ces FTA permettent actuellement de payer les salaires et d’assurer des revenus aux indépendants. Il suffit donc de prélever le montant suffisant pour garantir ces Smic et de le redistribuer en fonction du nombre de personnes dans chaque entreprise. Il s’agit donc de mutualiser une partie de la valeur de la production réalisée.

Il devient alors inutile d’exonérer les cotisations sociales sur les bas salaires. Ces exonérations, censées faciliter l’emploi, mettent à mal les budgets publics3) et créent des trappes à bas salaires. Nous allons donc les rétablir. Le montant total d’un Smic net de 1209 euros net, sera donc de 2309 euros super-brut, c’est-à-dire cotisations salariales (330 euros) et patronales4) (770 euros) incluses.

Pour lire la suite de l'article de Benoît Borrits