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Une mobilisation, la comprendre et l’aider à gagner - Pierre Cours-Salies

Le mouvement contre la réforme des retraites suscite des analyses pendant qu’il continue. C’est bon signe! Ce texte est commencé au moment où les médias s’acharnent à dénoncer «la radicalisation» et «le reflux» ; mais, trois jours après, le Conseil d’Etat met en doute la validité de l’étude de «pré-impact» faite par le gouvernement. Autant dire que nous devons être critiques devant l’usage du concept d’«échec» à son sujet [1], même s’il traduit une compréhension de sa première phase.


Il ne faut pas se contenter de la référence à d’autres mouvements antérieurs: il y a des cycles de mobilisation. Un véritable échec, écrasant pour la suite, c’aurait été trois petites (ou ‘grandes’) «journées» de pression, suivies de fausses concessions, et le relais des forces politiques tâchant de faire des contrepropositions «réalistes» en vue de jouer leur rôle lors des échéances électorales. Telle est la voie de l’échec, répété depuis plus de vingt ans, 1995, 2003, 2010… Surprise pour beaucoup, cette «stratégie» est mise en échec, par plusieurs aspects.


Une surprise surprenante…


Le point d’affirmation de cette mobilisation, qui rejette toute la politique gouvernementale actuelle et en même temps tout ce qui a été hérité depuis Nicolas Sarkozy (2007-2012), ne vient pas d’une intersyndicale qui l’aurait préparée dès l’origine. Il a fallu la décision d’appeler à la grève par les syndicats de la RATP, et l’ensemble des autres s’y est accroché. D’où l’impression que la grève de la RATP, rejointe par les cheminots (SNCF), avait le rôle décisif. On mesure aujourd’hui que les grévistes de la RATP peuvent adapter leur tactique dans la durée, – «jusqu’au retrait!» –; sans doute aussi faut-il abandonner une description d’avant-hier (1995) au sujet de la «grève par procuration», qui était une image journalistique plus qu’une analyse concrète.


Comment expliquer qu’il ait fallu attendre la journée RATP du 5 décembre 2019, suivie d’un tel essor de la mobilisation? Tentons une hypothèse: une très grande partie de militant·e·s, assez démoralisé·e·s, pensaient que ce projet de Macron devait être combattu. Mais, les organisations politiques ne disaient pas grand-chose et les directions syndicales montraient leur crainte d’une mobilisation qui serait un nouvel échec; la question semblait posée dans les termes du «temps qu’il faudrait, patiemment, pour reconstruire une capacité d’action collective… »


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