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Un budget de crise pour la Sécurité sociale - Romaric Godin

Commentaire de Jean : A l'heure d'un éventuel re-confinement et de nouvelles privations des libertés individuelles, et alors qu'aucun lit supplémentaire de réanimation n'a été créé depuis le printemps laissant ainsi augurer d'un possible engorgement des hôpitaux, le gouvernement asphyxie sciemment la Sécurité Sociale. Les fonds partent à flot aux labos et aux entreprises pharmaceutiques créant un trou abyssal inégalé visant a mettre sous coupe la Sécu et à en faire la variable d'ajustement des prochaines coupes budgétaires : réforme des retraites, gestion de santé publique, pression salariale, indemnité chômage et autre soumission à l'ordre...

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Le projet de loi de finances de la Sécurité sociale intègre les éléments du "Ségur de la santé" et semble abandonner pour 2021 l’austérité de ces dernières années. Mais déjà, la dette est agitée comme repoussoir et annonce un futur changement de pied.


L’année 2020 a été exceptionnelle pour le budget de la Sécurité sociale. Il en sera de même pour 2021. Après dix ans d’austérité continuelle où les objectifs nationaux de dépenses de l’assurance-maladie ont maintenu les dépenses de santé à des niveaux beaucoup trop bas au regard des besoins, la crise sanitaire exigeait évidemment une correction. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2021 la réalise en partie. Mais plus qu’un mouvement de fond, il semble qu’il s’agisse surtout d’une pause, fragile et transitoire.

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Si l’on écarte les dépenses liées directement à la crise et les effets de périmètre, l’Ondam prévu en 2021 progressera de 6 %, ce qui est, là aussi, unique depuis dix ans. Cela représentera une hausse de 12,5 milliards d’euros à 220,3 milliards d’euros. Mais il est utile de préciser que l’essentiel de cette hausse intègre l’accord dit « Ségur de la santé » conclu cet été et qui a prévu une revalorisation des salaires du personnel et quelques investissements. Dans le détail, donc, on constate que pas moins de 7,9 milliards d’euros relèvent de cet accord, dont près de 5 milliards d’euros de revalorisations salariales. Mais cette générosité apparente appelle immédiatement deux remarques.


D’abord, ce rattrapage ne compense pas entièrement dix années de compression de la dépense, des investissements et des salaires, et c’est bien aussi ce qui explique que le Ségur n’ait pas fait l’objet d’un consensus auprès des représentants des personnels. L’effort de 2021 est sans doute à saluer, mais il ne saurait effacer la mauvaise gestion passée. D’autant que, comme on le verra, le discours est, de ce point de vue, peu rassurant.


Ensuite, si l’Ondam 2021 progresse de 6 %, c’est bien principalement en raison des mesures exceptionnelles du Ségur. Mais pour les dépenses courantes, celles du quotidien, la hausse reste réduite.


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