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SÉGUR, COMME LA COMTESSE ? LES BELLES HISTOIRES DU GOUVERNEMENT

C’est dans un dérapage monumental provoqué par un freinage d’urgence que la BIL (Brigade d'intervention liguistique) a découvert par voie de presse dominicale que le ministre de la santé, tombant la veste pour s’offrir à l’objectif en bras de chemise, annonçait la semaine dernière la mise en place d’un « Ségur de la Santé » (SS, très mauvais signe) pour le 25 mai. Voilà que la BIL n’a pas le temps de chômer et se doit de nouveau d’intervenir face à cette fumeuse annonce gouvernementale pour en dissiper les brumes toxiques.


Répondant à LA question (the question ?) de l’augmentation des salaires du personnel hospitalier, le ministre s’empresse d’emballer la chose dans des circonvolutions en « quatre points » (nous n’en voyons que deux à la BIL, hausse ou baisse, mais le ministre voit la vie en 4D probablement), et ajoute dans la même phrase « revoir le cadre d’organisation du temps de travail ». Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il poursuit sur les « heures supplémentaires » que des infirmières et infirmiers doivent faire dans « d’autres établissements, illégalement » pour arrondir leurs fins de mois, ce qui serait selon lui « pas normal »… Puisqu’elles et ils devraient être en mesure de le faire dans leur propre établissement, explique-t-il… et non en mesure de gagner suffisamment sans se livrer à des heures supplémentaires, comme nous le pensions.


Tiens donc, pourquoi ramener ainsi la question des heures supplémentaires lorsque l’on parle d’augmenter les salaires ?


Nous sommes ni plus ni moins en face d’un délit d’initié, caractéristique de la bonne vieille technique de l’entourloupe (TDE) : les salaires augmenteront si les personnels hospitaliers se livrent à des heures supplémentaires, donc.


Mais c’est alors le temps de travail qui augmente, pas le salaire. Héhé ! Farceur, ce ministre. Qui ponctue, la bouche enfarinée, que cela se fera « Sans pression ».


La BIL s’en roule par terre, et note cette assertion dans les circonstances aggravantes des premières constatations de son PV (procès-verbal).

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Le ministre affirme vouloir en « finir avec le dogme de la fermeture des lits », mais précise grâce à une périphrase pernicieuse qu’il y a des endroits où il en manque, et d’autres non.

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Enfin le ministre entend combattre le « corporatisme » qui sévirait à l’hôpital, et « revaloriser les parcours et les compétences », ainsi que les interventions extérieures. Bas les masques ! Voilà un doigt menaçant pointé contre ceux qui entendraient « penser collectif » et – chiche ! – se syndiquer, et qui finit par pointer la voie de la mise en concurrence des carrières revalorisées de manière individuelles en fonction des fameuses compétences de chacun (CDC).


Et enfin, cerise sur le gâteau du grand programme entrepreneurial hospitalier : ce Ségur serait l’occasion d’un « Retour d’Expérience » sur la crise traversée.

...

Aussi, après cet instructif voyage au pays de l’entourloupe, nous savons que :


— le gouvernement se croit toujours à la tête d’une entreprise, au sein de laquelle le ministre de la santé est un marchand de tapis,


— nous sommes de fait les tapis qu’il brade ;


— par conséquent nous n’avons toujours rien à en attendre et toujours rien à discuter ;


Ainsi nous rappelons que la lutte continue.


Pour lire l'article de La Brigade d’Intervention Linguistique sur Lundi matin







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