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Pour E. Macron, tout l’enjeu consiste à sauver le capitalisme sanitaire et ses grandes industries

Après avoir évoqué le retour d’un « État-providence », Emmanuel Macron vient d’annoncer un « plan massif d’investissement pour notre hôpital ». De quoi, enfin, répondre aux revendications des soignants mobilisés depuis plus d’un an à ce sujet ? Rien n’est moins sûr à en croire Pierre-André Juven, sociologue de la santé publique, qui met en garde contre les discours en trompe-l’œil.

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Dans L'optique d'Emmanuel Macron, l’État-providence doit surtout déployer les conditions d’épanouissement du marché qui, en retour, améliorera les conditions de vie des personnes.

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Il faut se souvenir d’où parle Emmanuel Macron : il croit profondément en la supériorité du marché et en l’équilibre qu’il est supposé créer. En cela, il est une figure parfaite du néolibéralisme au pouvoir. Or le néolibéralisme, comme l’explique très bien le sociologue François Denord [2], consiste bien sûr en une extension du domaine marchand, mais aussi – et c’est un point majeur – suppose que l’État soutienne le marché et lui facilite la vie. C’est bien sur ce point qu’Emmanuel Macron compte jouer à plein : dans une crise comme celle-ci, pour lui, tout l’enjeu consiste à sauver le capitalisme sanitaire et ses grandes industries, en les constituant en solution pour l’après-crise.

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Il y a fort à craindre qu’il soit effectivement plus sensible à ce que disent Sanofi et Samsung qu’à ce que réclament les soignants de l’hôpital public.

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Ces entreprises mettent le pied dans la porte, pour devenir ensuite incontournables. La crise sanitaire est pour elles l’occasion d’occuper une place encore plus grande dans le système de santé public. Il n’y a qu’à voir la façon dont Emmanuel Macron, le 25 mars, soulignait encore l’alliance fructueuse entre le secteur privé et le secteur public dans la gestion de la crise. C’est sur cette capture de la santé publique par des intérêts marchands qu’il faut alerter dès à présent.

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Deux dangers principaux existent : le premier, c’est cette privatisation de la gestion de crise sanitaire ... Souhaitons-nous devoir compter sur des grands groupes privés pour affronter les prochaines catastrophes ? Le second danger, c’est cette idée que les innovations médicales et technologiques vont tout solutionner. C’est, là aussi, une erreur de plus qui nous mettra en grand danger à l’avenir.


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