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La marchandisation du social tourne à plein régime - Marcuss

Les craintes des associations grandissent chaque jour. Avec un Etat complice des attaques néolibérales, les questions sociales seront-elles laissées aux mains des banques et des investisseurs privés lucratifs ?


Une mise en concurrence des associations


Depuis les années 80, le capitalisme financiarisé impose un changement radical de paradigme autour de la vision du social et de l’action étatique. Dans ce nouveau rôle, l'Etat s'active à transformer la société en libérant les forces du marché. Il en devient le partenaire principal afin qu'il puisse conquérir des secteurs autrefois protégés : service public, éducation nationale, secteur associatif, animation, service de soins et de santé… Cette financiarisation impose un accroissement sans précédent de la domination capitaliste sur les individus et sur l'ensemble des activités sociales. En ce qui concerne les associations, elles sont de plus en plus soumises aux restrictions budgétaires. Les réformes territoriales successives depuis les années 80 ont donné les compétences aux départements en matière d'action sociale, et la responsabilité de son financement. Or, les collectivités sont également confrontées à la baisse de leurs dotations, ce qui engendre une répercussion directe sur le financement associatif. Ainsi les subventions régressent de manière inquiétante. La décentralisation met donc en compétition les structures associatives entre-elles en les obligeant à passer sur le marché public.


La commande publique, une ouverture au marché


Pour trouver des financements, de nombreuses associations doivent passer par des commandes publiques. Or avec cette logique, on inverse l’essence même de l’intervention associative. L’association n’est plus créatrice des projets mais elle répond aux commandes définies par la puissance publique. Cette dernière construit des appels à projets pour inciter les structures associatives à répondre aux besoins d’un secteur mais tels que la collectivité les conçoit. Bien qu'ils ne soient pas obligatoires, les appels à projets deviennent un passage obligé pour de nombreuses associations. En 2005, elles étaient 7% contraintes à répondre à ce type de procédure. Avec la fonte des subventions, elles sont aux alentours de 25% en 2012. Par exemple, entre 2005 et 2011, le taux de commande publique a augmenté de 73% !

En d’autres termes, les associations deviennent des prestataires de service et la collectivité une autorité organisatrice.  Elles perdent totalement leur capacité d’innovation et d’initiative qui sont pourtant deux grands principes importants du champ associatif. Si elles ne peuvent plus interpeller les collectivités sur les besoins sociaux, si ces derniers sont seulement définis par la puissance publique, le risque encouru est une aggravation des inégalités sociales sur les territoires. En d’autres termes, il y a une mise en concurrence des associations entre-elles mais également des territoires entre-eux.


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