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GB - "Si vous voulez arrêter le coronavirus, répondez aux exigences du personnel hospitalier"

Entretien avec Helen O’Connor conduit par David Broder


Le coronavirus dans l’Union européenne fait de plus en plus de victimes, et les nettoyeurs sont en première ligne pour contenir sa propagation – notamment dans nos hôpitaux. Pourtant, à l’hôpital Lewisham, le premier de Londres à traiter un patient atteint de coronavirus, ces travailleurs sont peu récompensés pour leurs efforts. Non seulement leur salaire n’est que de 8,21 livres sterling de l’heure [9,53 CHF], mais certains ne reçoivent pas de salaire depuis des semaines, ce qui les empêche de payer les factures, alors même que leur travail devient encore plus stressant.


Le jeudi 12 mars, ils en ont eu assez d’un nouveau paiement manquant et ont quitté leur emploi. L’entreprise de nettoyage privée ISS [leader mondial des services de nettoyage, d’entretien, employant quelque 500’000 salarié·e·s] connue pour ses pratiques d’emploi de mauvaise qualité a promis de résoudre le problème dans la nuit.

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Face aux coronavirus, nous voyons à quel point nous dépendons de salarié·e·s comme les nettoyeurs/nettoyeuses et le personnel soignant âgé. Ils sont en première ligne pour faire face à la crise, mais ils font partie des travailleurs les moins bien payés de la société…

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Certains membres du personnel médical se sont exprimés sur Internet pour dire qu’ils travaillent plus longtemps et, évidemment, dans le contexte de la pandémie, ils sont encore plus stressés. Le coronavirus représente-t-il une charge supplémentaire pour le personnel de nettoyage?


Oui, parce qu’il n’a même pas été précisé qui est responsable du nettoyage du service en cas d’infection, ni si le NHS ((Service de santé national) fera venir quelqu’un. Il y a également toute la question des équipements de protection: les travailleurs reçoivent des instructions sur ce qu’ils doivent mettre, mais le matériel est-il là?


Vous avez souligné l’externalisation du personnel de nettoyage, mais aussi une question plus large de mauvaise affectation des ressources. Le GMB a demandé au gouvernement de réquisitionner des lits d’hôpitaux privés pour aider à lutter contre les coronavirus, et le Parti travailliste a maintenant répondu à cet appel…


Le NHS est comme un arbre de Noël à l’envers. Au sommet, il y a une bureaucratie qui administre des contrats privés et les responsables du NHS qui gèrent le déclin, avec des salaires très importants. Et il y a des couches et des couches, avant même de descendre au niveau des services, du directeur au nettoyeur.


Je suis une ancienne infirmière du NHS et j’ai fait l’objet de deux «restructurations», chacune d’entre elles signifiait rendre le service de santé «plus maigre», c’est-à-dire avec moins de personnel. Chaque salarié de la santé fait le travail de deux ou trois personnes. Ils sont débordés, mais ils sont aussi empêchés de parler du stress qu’ils subissent.


Les deux plus grandes menaces qui pèsent sur le NHS sont les réductions de personnel et la privatisation. Nous ne voyons pas d’investissements dans les salaires et dans l’amélioration des conditions de travail. Les structures de gestion hospitalières sont tenues de procéder à des «améliorations des coûts» (abaissement des coûts), ce qui les prive de financement, avec des transferts vers le Trésor. Au même moment les entreprises privées opérant au sein du NHS font baisser les normes. Des sociétés comme l’ISS traînent les pieds pour concéder des augmentations de salaire, même de quelques centimes (pence), des augmentations justes nécessaires pour faire face à la hausse des prix. C’est pourquoi nous exigeons que tous les services soient ramenés en interne.


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