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Dans quelle crise sommes-nous ?

« Et le capitalisme s’arrêta… d’un seul coup ! ». L’avenir dira si cet arrêt est définitif ou bien s’il s’agit d’une nouvelle mutation dont ce mode de production a le secret et dont c’est la principale force historique.

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L’impact de la pandémie qui « file et casse le miroir »


Pour survivre, l’extrême sophistication de la globalisation financière nécessitait plusieurs conditions indispensables, qui toutes allaient dans le sens d’un monde unitaire et homogène [la paix universelle, une organisation du commerce mondiale unifiée permettant une gestion à flux tendu, un système financier, monétaire et bancaire unifié et efficace tout autour de la planète].

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Cette complexification du monde a montré ses limites avec la pandémie du Covid-19.

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La courbe de la montée des périls parvient à sa phase géométrique


Nous pouvons donc estimer que va se concrétiser sous nos yeux notre hypothèse de départ sur la fermeture du pli historique ouvert au XIVe siècle avec une accumulation du capital due en grande partie au pillage colonial et structurée dès le départ par la naissance d’un système bancaire et monétaire transnational. La courbe de la montée des périls depuis 12 ans est parvenue à sa phase géométrique.

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Les trusts se transforment en « granges à dettes »


En supprimant le formidable régulateur de la faillite d’entreprises pour les multinationales, le capitalisme a en quelque sorte « arrêté les horloges » ... En fournissant des milliers de milliards d’argent frais sans contrepartie aux monopoles et également maintenant aux consommateurs pour qu’ils puissent continuer de consommer, nous entrons donc dans une spirale perverse où la rentabilité, le taux de profit, la productivité, la stratégie commerciale, etc, deviennent secondaires.


Ainsi, les trusts se transforment en « granges à dettes », ce qui ne peut que conduire à un effondrement du même ordre que celui des « Kkombinats » soviétiques dans les années 1980.


Le fantasme de la réindustrialisation de l’Europe du Sud

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La globalisation capitaliste a eu lieu pour résoudre une contradiction et pour soumettre la production à une finance mondialisée et sans attaches nationales, gérée en particulier depuis les paradis fiscaux. Les « circuits longs » constituent le dispositif opérationnel du capital financier en ce début de XXIe siècle et celui-ci n’y renoncera pas car il ne peut faire sans lui.

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L’hypothèse d’un capitalisme financier numérique


[C'est une utopie], la même utopie, c’est-à-dire dans la croyance de la possibilité d’un monde unitaire et homogène sur une échelle bien plus importante ! Car ce capitalisme numérique exige encore davantage d’intégration globale.

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La France [pourrait] représenter le « maillon faible » des grandes puissances capitalistes. C’est en effet le cas avec la catastrophe économique et sociale qui s’annonce après la pandémie du Covid-19. Après les 15 mois de guerre sociale larvée à laquelle on assiste depuis novembre 2018, l’effondrement des forces productives depuis mars dernier arrive au pire moment pour le cartel financier dirigeant la France et pour son « gérant et homme de paille » Macron. L’exécutif a d’ailleurs, et pour une fois, parfaitement compris le rapport de force. Ainsi, la France a été le seul pays de l’OCDE à avoir eu recours massivement au chômage partiel plutôt qu’au chômage tout court.

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Une seule solution : une dévalorisation massive des actifs


Pour assurer ce torrent de création monétaire, il n’existe qu’une solution, surtout en France : une dévalorisation massive des actifs.

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l’immobilier, grâce aux crédits générés par l’achat de biens, est suffisant pour réaliser cette compensation macro monétaire. Deux éléments semblent indiquer une volonté du capital financier d’aller dans cette direction : d’abord la nouvelle rigueur bancaire. Le prêt immobilier est consenti uniquement si et seulement si le particulier ne dépasse pas en remboursements d’échéance 33 % de ses revenus nets. Second élément, la hausse des taux de crédit immobilier de 0,55 %… en plein marasme donne donc un « mauvais signal d’achat ».

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La France en zone des tempêtes 


« Rincer » les classes moyennes et la petite bourgeoisie est donc peut-être la solution ultime, mais une solution très dangereuse car toutes les révolutions, depuis 1789, ont eu lieu dans le passé grâce à l’alliance des couches populaires et moyennes avec une fraction de la bourgeoisie.

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Une nouvelle crise sociale fin 2020 ou début 2021 pourrait produire une crise politique qui n’irait pas forcément dans le sens des intérêts des couches populaires : une alternative autoritaire de droite et d’extrême-droite est en effet fortement possible.

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Un semestre de faillite au second semestre 2020


Un autre élément se révèle inquiétant pour le proche avenir de l’état économique français : la situation critique de la plaque urbaine parisienne. La pandémie du Covid-19 provoque un vide des « habitants provisoires » que sont les touristes. De plus et du fait d’une pyramide des âges montrant un important vieillissement des Franciliens, nous assistons à une dépopulation de la vallée de Seine vers « la province » et ses maisons avec jardin. Celle-ci va provoquer une spirale de faillite dans les secteurs du tourisme bien sûr mais aussi des services.

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Il faut donc s’attendre à un semestre de faillite pour la seconde partie de l’année 2020. Tout dépend maintenant de l’intensité de la lutte des classes en France, en particulier de la riposte -ou non – aux plans de licenciements massifs qui s’annoncent cet été et cet automne. La manifestation massive fin mai des ouvriers de Renault à Maubeuge a entraîné une reculade de la direction de l’entreprise. Ceci est un bon présage de la vigueur de la riposte populaire. Car si le combat social n’est pas au rendez-vous, les monopoles de l’Hexagone imposeront une paupérisation au peuple comme rarement dans l’histoire contemporaine de notre pays.

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La Chine, l’atelier du monde… ou un monde à lui tout seul ?


Face à un Occident dont les faiblesses ont été mise en lumière par la gestion dramatique de la pandémie du Covid-19 aux USA, au Royaume-Uni et en Europe latine, la Chine dirigée par le PCC apparaît comme la puissance montante.


L’année qui vient sera celle de tous les dangers mais aussi de toutes les possibilités. 


Pour lire l'article de Philippe Hervé sur ReSPUBLICA











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