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Coronavirus, écologie, climat : tous enjeux de la lutte des classes

La crise sanitaire que nous traversons nous fait apparaître en clair, sans discussion possible, que certains pans de l’économie ne peuvent être confiés au marché, ou plus exactement que la production de certains services sociaux ne peut être approchée dans une logique marchande, au sens de marchandise capitaliste, c’est-à-dire avec comme moteur principal le profit, et comme cadre d’exercice et d’expression la propriété privé et la concurrence.


Il existe plusieurs manières de maintenir ces services essentiels à l’écart de toute valeur d’échange, de toute marchandisation, pour sanctuariser leur valeur d’usage comme unique étalon de valeur :


les rendre publics et intégralement subventionnés par l’impôt, donc d’accès gratuit pour

l’usager comme l’éducation, le réseau routier non concédé, la gestion des déchets ;


les rendre publics et partiellement subventionnés (tarifés, comme les transports publics, les musées, le train jusqu’à sa récente privatisation fin 2019) ;


les rendre privés mais collectivement gérés, c’est-à-dire socialisés, comme les prestations

assurées par la sécurité sociale en matière de santé (hôpital, médecine de ville) et d’allocation ou de maintien de salaire (CAF, APL, chômage, maladie, retraites..). Bien que contestés depuis les années 70 par le secteur privé marchand (complémentaires santé et retraite) et public (substitution d’impôts en lieu et place des cotisations), ces services et prestations restent encore majoritairement socialisés, leur gestion collective initiale ayant toutefois était dévoyée dès les années 60 (paritarisme et retour de l’État dans les directions des caisses) ;


les rendre privés mais à tarif contrôlé par l’État (certains médicaments en pharmacie, domaine de l’énergie, dispositifs d’investissement locatif créant du logement social temporaire) ce qui constitue souvent la dernière étape avant leur privation totale sur le marché concurrentiel.


De nombreuses tribunes et initiatives portées par des organisations politiques et militantes fleurissent actuellement : elles critiquent, interrogent, voire exigent l’extension du « non marchand » à davantage de domaines de l’économie (alimentation, énergie, logement, monnaie). Le débat entre une gestion publique, socialisée ou privée encadrée selon les secteurs reste un sujet ouvert au sein des courants de gauche, qu’ils se positionnent en contestation du capitalisme, en alternative ou pour son renversement.


Au-delà de la crise sanitaire qui excite à juste titre ces initiatives, les problèmes environnementaux – mobilisateurs d’affects mais moins immédiatement mortels que le Covid19 – rendent inéluctables la mise en critique et en faillite du système capitaliste mondialisé.


Nous disposons donc de tous les ingrédients pour tout péter, et tout refaire autrement.


Il nous échoit la responsabilité collective de le faire, et surtout l’étincelle pour mettre en mouvement les corps : blouses blanches, gilets jaunes, sans papiers, sans emploi, sans dents, sans culottes... L’heure venue, n’oublions rien, et déferlons sur l’Elysée pour reprendre notre destin en main.


Damien Astier






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