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Après la crise, les salariés devront reprendre le pouvoir aux actionnaires

Transférer le pouvoir des actionnaires aux salariés permettrait de redéfinir nos choix de société, explique l’auteur de cette tribune. Le choix d’une «démocratie économique» s’impose d’autant plus à l’heure où l’État engage des milliards d’euros pour soutenir les entreprises et qu’elles joueront un rôle dans la construction d’un monde solidaire et écologique.


Face à la récession, le mot d’ordre est dans tous les commentaires politiques :«sauver l’économie», avec son corollaire :«sauver les entreprises». Mais de quelles entreprises parle-t-on? S’agit-il du collectif de travail qui réalise une production de biens et de services? Si oui, il doit effectivement être sauvegardé. Mais on confond souvent cette entreprise avec la société de capitaux, l’association d’investisseurs qui mettent à disposition de l’entreprise leur capital dans l’objectif de le valoriser.

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Un indépendant ou une Scop (société coopérative et participative) sont des entreprises dans lesquelles les travailleur.ses s’approprient la totalité de ce qu’ils ont produit. Dans la société de capitaux, les travailleur.ses ne reçoivent qu’une partie de la valeur ajoutée, qui est la masse salariale, l’autre partie constituant le profit que s’approprient les actionnaires.


Si c’est l’argent public qui garantit les salaires et les cotisations sociales, la contrepartie doit être le départ des actionnaires


Notre économie, que l’on désigne comme capitaliste parce que la majeure partie des entreprises sont des sociétés de capitaux, est excessivement fragile parce qu’elle n’est pas dirigée par la création de richesses — la valeur ajoutée — mais par le profit, qui est la partie que s’approprient les actionnaires.

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En France, l’État a mis sur la table 21 milliards d’euros de reports de cotisations sociales et 8 milliards pour le chômage partiel ... l’État se substitue aux actionnaires dans leurs obligations de payer les salaires et les cotisations sociales.

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La vocation de l’argent public n’est pas de se substituer aux obligations des actionnaires pour sauver leurs patrimoines. Si les salaires et cotisations sociales sont garantis par de l’argent public, la contrepartie de cette aide doit être le départ des actionnaires et le transfert du pouvoir dans les entreprises aux salarié.es.

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Refuser ce sauvetage insidieux du patrimoine des actionnaires au nom de la nécessaire sauvegarde des entreprises


On ne connaît pas encore l’issue de cette pandémie que déjà les milieux financiers parlent de plans de relance. Pour encore plus de croissance du secteur marchand, le seul qui permet la valorisation du capital ?

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[Empêcher cela] suppose aujourd’hui de refuser ce sauvetage insidieux du patrimoine des actionnaires au nom de la nécessaire sauvegarde des entreprises. Ne pas le refuser, c’est accepter d’être toujours dépossédé.es de toute décision — le pouvoir économique restant dans les mains d’actionnaires que l’État ne cessera de choyer pour tenter de résorber le chômage —, tout en assistant, impuissants, à la destruction de notre environnement.


Pour lire l'article de Benoît Borrits sur Reporterre



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