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Achille Mbembe dénonce le « brutalisme » du libéralisme

Dans son nouvel essai, le penseur camerounais revient sur ce qui caractérise selon lui notre époque, le développement des technologies et une violence généralisée envers les populations.


A Ceuta et Melilla, à Lampedusa ou à Lesbos, mais aussi en Hongrie, à Terespol en Pologne, aux Etats-Unis, en Israël, en Cisjordanie, et encore en Arabie saoudite, en Iran, en Inde, en Corée du Nord… Partout, de plus en plus, des murs, des barbelés, des barrières militarisées, des caméras, de nouvelles ou de séculaires peurs instrumentalisées ; et ce sur quelque 40 000 kilomètres, l’équivalent de la circonférence de la Terre. Auxquels s’ajoutent les mers et les déserts transformés en cimetières.


Partout les frontières se ferment toujours un peu plus et on voit apparaître de nouveaux camps où sont emprisonnés des femmes et des hommes, mais aussi des enfants, entravés dans leur liberté de mouvement. Ces « corps-frontières » analyse Achille Mbembe dans Brutalisme (éd. La Découverte) sont ceux d’« hommes-déchets » qui n’ont pas de valeur ajoutée pour le capitalisme.


Ce nouvel essai de l’historien camerounais s’inscrit dans la droite ligne de ses précédents ouvrages, Politiques de l’inimitié (2016), Critique de la raison nègre (2013), mais aussi Sortir de la grande nuit (2010). Il y analyse les travers des démocraties libérales, qui cèdent à la tentation d’installer un état d’exception permanent, restreignent les libertés individuelles au nom de la lutte contre le terrorisme et, dernièrement, de « transpos[ent] l’état de guerre au sein d’un état civil ».


Les forces de police usent, ici et là, d’armes de guerre arrachant les mains, éborgnant, quand elles ne tuent pas celles et ceux qui manifestent pour la défense de leurs droits ou de leur pouvoir d’achat. C’est à une véritable « guerre sociale » que l’on a affaire. Mais observe le professeur d’histoire et de sciences politiques à l’université de Witwatersrand à Johannesburg, « les soulèvements ne visent plus à renverser et à démanteler (…) le capitalisme ». Ils répondent au désir d’être intégré à ce système.


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