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LE PEUPLE VEUT LA RETRAITE DU RÉGIME


« Si l’activité du travail cesse, la vie du capital cesse aussi. Une usine arrêtée, c’est déjà du travail mort, c’est-à-dire du capital qui dort, qui ne produit pas et ne se reproduit pas ».

Mario Tronti, Ouvriers et capital, éditions Entremonde

Depuis le 5 décembre la lutte contre la réforme des retraites est portée par un puissant mouvement social. Les bases syndicales du secteur des transports sont le fer de lance de ce mouvement dont les formes et les méthodes reflètent l’influence de l’irruption des Gilets Jaunes sur la scène historique il y a maintenant plus d’un an. En effet, aux manifestations de masse qui rassemblent des centaines de milliers de personnes se combinent de nombreuses actions de blocage économique, en particulier sur les dépôts de bus RATP. Dans toute la France, des lycéens bloquent leurs établissements et se joignent à la lutte, faisant souvent face à une répression policière brutale. Surtout, alors que le gouvernement tablait sur un essoufflement rapide de la grève reconductible, c’est tout le contraire qui se produit : 10 jours après, le trafic du réseau francilien par exemple est toujours aussi perturbé (seules fonctionnent les lignes automatiques) – aucun retour à la normale ne semble à l’ordre du jour. Les prétendues annonces d’Édouard Philippe la semaine dernière n’ont en rien tari la colère populaire, elles ont plutôt été perçues, à juste titre, comme une fumisterie sans effet. Les ministres eux-mêmes ont compris que ce mouvement n’était pas prêt de s’arrêter – ils ont déjà dégainé d’ailleurs leur argument de dernier recours, aussi obscène que vain : le respect de la « trêve de Noël ».

1. Plus personne n’est dupe quant aux objectifs politiques des fondés de pouvoir du capitalisme (singulièrement dans la forme libérale déchaînée qui est la sienne aujourd’hui) : la destruction de toutes les formes de solidarité collective au profit de l’économie de marché. Nous savons que les gouvernements successifs, ici comme ailleurs, s’attachent à dépecer les services publics et le système de protection sociale issu des luttes du mouvement ouvrier. Cette logique est désormais planétaire. Si bien que la résurgence actuelle, à l’échelle globale, de soulèvements populaires prenant des tournures antagoniques voire pré-insurrectionnelles ne peut être lue que comme une internationalisation du conflit de classe. Internationalisation porteuse de nouveaux possibles, en même temps qu’elle révèle en creux notre impuissance à affronter des réalités qui dépassent le cadre de l’État-nation. Et met en évidence des impasses stratégiques communes1.

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