• Simon Riaux, Ecran large

Factory : critique coup de boule


S’il n’est pas le plus reconnu des cinéastes russes en activité, Yury Bykov demeure un des plus excitants, dont le formidable The Major avait asséné en 2013 une leçon d’intensité à La Semaine de la Critique 2013. C’est avec une colère intacte qu’il aborde de nouveau les thèmes de la corruption et de la prédation institutionnalisée dans les décombres de l’URSS, avec Factory.

...

Le Gris est un vétéran, traumatisé par le front, qui survit en travaillant à la chaîne dans une entreprise de métallurgie. Quand l’oligarque qui racheté l’entreprise pour une bouchée de pain au lendemain de la chute de l’URSS en annonce la fermeture expéditive, il convainc plusieurs de ses collègues de le séquestrer afin d’obtenir de lui le versement d’une rançon.

...

L’acuité avec laquelle le scénario décrit comment la société se referme à la manière d’une nasse sur quiconque remet en cause le statut des possédants s’avère aussi précisément représentée que ravageuse.

...

Comment et pourquoi entrer en lutte ? Factory a la finesse de ne pas arrêter de réponse, préférant suivre au gré de sa construction comment circule la révolte, à la manière d’une bourrasque inarrêtable. Enfin, toute cette énergie vouée à un autodafé tragique est finalement transmutée le temps d’une séquence finale déchirante, qui donne un écho fatal à l’ouverture du long-métrage. Nous y suivons et abandonnons un personnage dévasté, brutalement renvoyé à l’horreur de sa condition. Radicalité du propos, virulence de l’action, Yury Bykov a réalisé son meilleur film, pensé comme un formidable boulet de démolition.

Pour lire l'article

#Travail #Privatisation #Chômage #exploitation #Capitalisme #Précarité #Art

Salaire à Vie

Association loi 1901

  • Facebook - Black Circle
  • YouTube - Black Circle
Logo ASAV.jpg