• Catherine Marin (Reporterre)

Emma Goldman : l’anarchie, « un idéal d’émancipation »


En 1919, Emma Goldman faisait partie, selon le FBI, « des plus dangereux anarchistes d’Amérique ». Enfin traduits intégralement en français, ses mémoires, « Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions », sont l’occasion de dépasser les clichés sur l’anarchisme.

Sous sa couverture rouge et noire, la traduction intégrale des mémoires d’Emma Goldman, révolutionnaire anarchiste et féministe, vaut son pesant de plaisir. Intitulé Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions, ce truculent récit, tout à la fois autobiographie et reportage, fait revivre la gauche radicale au tournant des XIXeet XXe siècles, ses militants et acteurs mythiques (Pierre Kropotkine, le père de l’anarchisme moderne, Jack London…). L’anarchisme en ressort vivifié, dionysiaque et fort d’un projet d’émancipation individuelle et collective.

D’ascendance juive, Emma Goldman est née en 1869 en Lituanie, alors province russe. Bravant un père brutal qui lui refusait l’accès aux études (« La fille d’un Juif a seulement besoin de savoir découper menu les nouilles et donner à son homme plein d’enfants »), elle rejoignit sa sœur aînée à Rochester, aux États-Unis, à tout juste 16 ans. Quatre ans plus tard, bouleversée par la condamnation, « sans preuve », de huit orateurs anarchistes à Chicago, elle partit pour New York rencontrer les « cercles socialistes ». Ce fut sa « vraie naissance », celle qui ouvre le livre. Son récit se déploie ensuite jusqu’en 1928, avec un séjour de deux ans dans ce qu’elle appela la « dictature bolchevique », objet d’un passionnant chapitre : « Rêves d’une vie brisés en Russie. »

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