• Francine Sporenda, Entre les lignes

Start-ups et proxénétisme : la mutation néo-libérale de l’industrie du sexe


Ce texte est un extrait d’une analyse de l’influence de l’idéologie néo-libérale sur l’industrie du sexe, et plus précisément de sa transformation en un business moderne et extrêmement profitable par l’adoption des stratégies managériales du néo-libéralisme. La prostitution étant ainsi en train de muter en une véritable industrie fonctionnant sur des structures et réseaux internationaux soutenus par des technologies de pointe.

Globalisation

Parmi les stratégies néo-libérales les plus efficaces pour mettre en échec la capacité des travailleurs et des syndicats à résister au capitalisme – résistance qui était organisée à l’échelle nationale – celle qui est la plus évidente et la plus dommageable est la globalisation. Ce qu’on appelle globalisation consistant d’une part à délocaliser la production industrielle vers des pays à faible coût de main-d’œuvre, avec un droit du travail, une protection sociale et des syndicats faibles ou inexistants associés à une taxation minimale. Et d’autre part à importer une force de travail étrangère – migrant-es souvent illégaux et mal payés – pour faire tourner les services et l’agriculture des pays occidentaux.

Des économistes anti-capitalistes parlent de « nouvelle répartition internationale du travail ». Cette nouvelle répartition s’est mise en place dans le contexte suivant : des pays qui ont subi le fardeau d’un dette explosive suite à l’augmentation considérable des taux d’intérêt décrétée dans les années 80/90 par le Fond monétaire international et la Banque mondiale ont dû accepter de « privatiser ou mourir », de passer à une économie de marché intégrale et d’appliquer des politiques d’« ajustement structurel » pour continuer à obtenir des prêts de ces institutions.

Ces politiques ont créé des crises économiques – actualisation de la fameuse « shock doctrine » dont parle Naomi Klein dans son livre éponyme. Une majorité de la population a plongé dans la pauvreté et cet appauvrissement a déclenché un accroissement important des flux migratoires.

Pour survivre à ces crises et nourrir leur famille, les femmes de ces pays ont eu essentiellement trois options : être travailleuse domestique, prostituée ou mère porteuse –et émigrer éventuellement vers des pays occidentaux pour trouver facilement du travail. Le néo-libéralisme, le projet idéologique du tout-marché de la Chicago School of Economy, développé par Milton Friedman, Hayek etc. a non seulement précipité les femmes dans la pauvreté dans de nombreux pays (70% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans le monde sont des femmes, on parle de « féminisation de la pauvreté ») mais des économistes néo-libéraux ont été jusqu’à présenter la prostitution comme une option économique viable pour les femmes pauvres (1).

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#Femmes #exploitation

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