étudier, c'est travailler

Jusqu’à 18 ans l’école doit faire de nous des citoyens, autrement dit, nous enseigner le socle éducatif qui formera notre esprit critique nous permettant de discerner ce qui est bon pour nous mais aussi ce qui est bon pour tous.

À la majorité, nous devenons responsables socialement. Nous travaillons à nous former pour acquérir le savoir et le savoir-faire qui permettra de remplacer les générations précédentes, mais aussi d’améliorer la société.

Se former, c’est bien sûr assimiler des connaissances, mais cela implique aussi de les questionner, les revisiter, voire les remettre en cause pour mieux les dépasser quand on les a maîtrisées. Acquérir un savoir revient à en produire, sinon en reproduire.

Le travail de l’étudiant ne se limite pas aux heures d’apprentissage dans le cadre universitaire. Il se nourrit de rencontres, de voyages, de découvertes culturelles, de toutes les expériences de la vie sociale qui fera de lui un citoyen épanoui et cultivé capable de s’adapter à la complexité du monde.

Il doit donc disposer pleinement de ce temps qui lui permettra de se construire intellectuellement, physiquement, socialement et développer sa personnalité.

Quand une entreprise intègre un jeune salarié, elle bénéficie de toutes les compétences liées à sa formation et de toutes les qualités humaines de son employé. Celui-ci est rémunéré pour l’entretien de sa force de travail (manger, se vêtir, se loger, prendre des congés, ouvrir des droits pour sa retraite, élever ses enfants, etc.), mais l’entreprise ne rémunère pas sa formation, autrement dit le travail fourni par l’étudiant. C’est exactement comme si l’entreprise faisait l’acquisition d’un véhicule de fonction, payait l’essence pour le faire avancer mais refusait d’en payer le prix de fabrication.

Certes, l’entreprise participe au travers de la fiscalité au financement de l’enseignement mais de façon très insuffisant. Le compte n’y est pas. Pourtant sans salariés éduqués, compétents et en bonne santé pas de valeur ajoutée pour l’entreprise. C’est pourquoi nous proposons un PNSI dès 18 ans. Tous les jeunes doivent bénéficier d’un SMIC qui leur permettra d’accéder à l’autonomie financière nécessaire à toute formation et à tout développement personnel et cela financer par des cotisations sociales sur la valeur ajoutée des entreprises.

C'est l'occasion d'en finir avec la reproduction des inégalités sociales dans l'enseignement républicain. Nous savons que le travail alimentaire chez les étudiants est une des principales causes d’échec dans les études supérieures. Selon les enquêtes emploi de l'Insee, 19,2 % des étudiants du supérieur cumulent études et emploi. 68 % de l’emploi étudiant n’est pas lié aux études poursuivies. Les autres sont tributaires de leur famille dont certaines se saignent pour financer les études de leurs enfants. C’est aussi une pression familiale considérable pour les enfants dans le choix de leurs études. D’autres encore n’ont même pas la possibilité d’en suivre car le contexte familiale ne leur permet pas.

Sur le marché du travail, c'est au moins 440 000 emplois occupés par des étudiants en France. Ces emplois sont souvent peu qualifiés ou de qualification intermédiaire et sont mal rémunérés. Ils bénéficient surtout d’une main-d’œuvre renouvelée chaque année (ou presque) dont les salaires ne bénéficient donc d’aucune évolution de carrière. Certaines activités économiques (restauration rapide) fonctionnent majoritairement avec de la main-d’œuvre étudiante. L’emploi étudiant correspond largement à un effet d’aubaine pour les employeurs qui bénéficient d’une main-d’œuvre flexible à bon marché. Pour les chômeurs de notre pays, c’est un volant d’emplois stables qui leur échappent.

Pour la société, c'est de nombreuses vocations contrariées, de nombreux talents gâchés en ne poursuivant la formation souhaitée. Avec des étudiants qui se retrouvent prématurément sur le marché du travail, occupant ainsi des emplois qui pourraient l'être par des chômeurs.

Le PNSI sera donc l’occasion de corriger une injustice flagrante en reconnaissant le travail invisible des étudiants, de rétablir une égalité des chances devant les études, mais aussi de libérer un volume d’emplois important dont la plus part se trouveront dans l’obligation l’améliorer leurs conditions de travail.

reconnaître le travail invisible

Notre société pour fonctionner repose sur du travail en emploi, celui pour lequel nous sommes rémunérer, mais aussi sur les millions d'heures de travail en dehors de l'activité professionnelle. C'est ce travail que nous nommerons travail invisible, car il n'a même pas le statut officiel de travail même si dans le langage courant un étudiant dira qu'il travaille à son mémoire, ou encore dans bien des cas nous parlons de travail domestique. Il est aussi question de "Digital labor" (travail digital), pour tous ceux qui alimentent l'immense base de données des GAFAM avec leurs données personnelles.

Mais c'est aussi dans la vie de tous les jours, des actions bénévoles qui sont de véritables actes de coproduction qui crée de la valeur pour les entreprises. 

Economie solidaire